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    Les Campagnes
    Vampire le Requiem : Paris
    Une dernière danse ?
    Générique (12 votes)
    Elle avait du mal à respirer. Ses poumons étaient emplis d’un air glacé qui se transformait en vapeur une fois franchit la barrière de ses lèvres tremblantes.

    Virginie avait mal, mal à en crever. Elle avait couru jusqu’ici sans réfléchir, car c’était cela ou tomber à genoux et se mettre à hurler. Dans sa poitrine, son cœur battait la chamade. Elle prit appuie à deux mains sur la rambarde du Pont des Arts, les yeux levés sur le ciel nocturne. Des larmes perlaient. Sûrement le froid. Juste le froid.

    Cet endroit. Elle était venue ici de nombreuse fois en sa compagnie. Les premiers rendez-vous timides, main dans la main. À l’époque elle montait de  province tous les deux mois pour le rejoindre. Un café, une après-midi à l’hôtel à échanger des soupirs et des cris, et puis, tous deux repus, ils venaient profiter de la douceur de la nuit sur ce Pont. Il était de ce genre-là, à attacher de l’importance aux noms, un romantique. Le prototype du parisien qui fait rêver les nuées de japonaises qui montent à la capitales s’extasier devant l’arrogance de la ville lumière et de ses gaijins si imbus d’eux-même. 

    Mais, cette nuit-là, pas de nom, moins encore de douceur. La gel plaquait sans pitié aucune son poing fermé sur la respiration pénible de Virginie. La vapeur se dissipait comme un spectre happé par le néant au-dessus de la Seine. À chacun de ses souffles, il lui semblait qu’elle perdait un peu plus de chaleur, un peu plus de vie, un peu plus de « lui ». Un instant qui lui paru abominablement long, l’idée absurde qu’elle soit en train de perdre les souvenirs qu’elle avait de lui vint à son esprit. Avec rage elle ferma les yeux pour se plonger dans sa mémoire mise à mal par l’émotion. Tout y était, le moindre instant, la moindre caresse, le goût de ses lèvres, le ton de sa voix. Alors pourquoi ce chagrin soudain, pourquoi ce sentiment de perte atroce et irraisonné qui l’avait tiré d’un sommeil de fièvre ?

    Elle fuyait. Son instinct avait réagit plus rapidement que sa raison et ses pas l’avaient menée au seul endroit où elle pouvait se sentir en sécurité. Ce sentiment ne venait pas. Une ombre plus froide encore que la nuit se glissa jusqu’à sa poitrine pour y verser une goutte de terreur qui la fit sursauter. Il n’y avait rien sur ce pont, rien qu’elle… Rien… Qu’elle…

    Ses pupilles s’agrandirent, fixant un point particulier, un coin du tableau où l’indicible venait de prendre racine dans le réel.

    Cela n’avait été qu’une silhouette un peu vague, juste une ombre dans la périphérie de son regard. Elle s’approchait à présent avec la démarche mesurée de ceux qui savent déjà où leurs pas vont les mener.

    Elle voulu bouger, obliger ses jambes à quitter leur raideur. Elle restait tétanisée comme un lapin pris par les feux d’une voiture.  Tandis qu’il se rapprochait lentement, un fol espoir vint lui perdre les sens. Se pouvait-il que ce soit lui ? C’était mettre sa fierté à mal que d’avouer qu’elle avait espéré le retrouver ici. Qu’une nouvelle fois il l’enlace à cet endroit précis. Que de ses grandes mains il l’étreigne avec force pour de nouveau sentir son souffle chaud lui brûler la gorge. Quand il fut assez près, elle ne s’étonna pas de trouver ses traits si flous. Ses larmes baignaient ses yeux et un peu de sel se rajoutait aux plaies encore vives de son âme.

    Il sourit, elle en était certaine. Le doux sourire d’un ami que le temps a séparé de vous. Virginie se sentit aussitôt apaisée et à son tour elle y répondit avec timidité. De nouveau libre de ses gestes, elle passa une main sur son visage. L’homme l’arrêta pour lui tendre un mouchoir.

    « Tenez, mademoiselle. »

    Elle pris le mouchoir pour essuyer les larmes figées sur son visage. Non ce n’était pas lui, peut-être tant mieux après tout. Voir surgir un fantôme d’un passé révolu cette nuit-là l’aurait probablement agoni un peu plus encore, nul besoin

    « Un souvenir douloureux lié à ce pont, n’est-ce pas ? »

    Sa voix était aussi amicale que son visage, grave, vibrante, de ces voix que l’on peut écouter des heures sans prêter attention à ce qu’elles disent, se laissant bercer par un timbre profond et rassurant. Une voix servie par des lèvres fines, d’un rouge cerise exalté par le froid, presque une blessure ouverte et saine sur son visage. Puis ses yeux, d’un bleu perçant, livre ouvert sur la compassion évidente qu’il avait pour elle. Enfin ses mains, dénudées, refroidies par le vent, des mains de pianiste. Il y avait du charme à cette rencontre, une poésie palpable dans l’air, un moment parfait dans un océan de douleur. Elle s’accrocha à ce moment, ne voulut pas le laisser partir, s’y agrippa soudain comme à sa dernière chance de ne pas tomber, son dernier vestige de réalité. Joignant le geste à la pensée, elle agrippa sa manche, sans vraiment y réfléchir. Le contact du manteau, de la laine noire, lui fit du bien, sans qu’elle puisse pour autant se départir de cette aiguille instinctive de méfiance, plantée à la base de sa nuque et qui ne cessait de la seriner pour qu’elle se méfie du moindre brin de vent. Virginie décida qu’elle n’était pas un animal et qu’elle se devait de rester logique, d’agir en jeune femme responsable, et non en actrice de Casablanca.

    « Je suis désolée monsieur je… La tête qui tourne… Je n’aurais pas du revenir ici, je ne m’y sens plus aussi bien qu’avant. »

    Il répondit à ses besoins inavoués en la serrant contre lui. En d’autres circonstances, elle l’aurait repoussé, mais cette nuit avait quelque chose de magique. Elle ne voulait plus se sentir à l’abandon. Elle était si bien alors que l’instant d’avant encore elle pouvait presque palper le vide du précipice. Virginie se laissa aller. Elle gémit lorsqu’elle sentit son baiser sur son cou. De chaudes vagues électriques lui remontèrent du bas-ventre au cerveau. Les souvenirs affluèrent pour repartir, emportés par une marée rouge. La chambre. Mathieu. L’accident. La douleur. Le plaisir. Seulement le plaisir de l’instant. Ses yeux bleus. Le froid.

    Quand elle reprit conscience d’elle-même, ses membres étaient engourdis, sa gorge douloureuse. Elle put à peine écarquiller les yeux, la supplique n’eut pas le temps de sortir.  La main de l’homme qui l’avait empoignée par le cou s’était écartée pour la passer par-dessus la rambarde. Les tentatives de Virginie pour se rattraper furent vaines, et la dernière image qu’imprima sa pupille avant de sombrer dans les eaux glacées fut l’homme qui se pencha en avant, les bras croisés sur la poutrelle de métal, pour lui offrir un dernier sourire d’une infinie bonté.

    Le vent vint jouer dans ses cheveux noirs et étouffer les quelques mots qu’il adressa à la seine.

    « La nuit réunit ceux qui s’aiment, bon voyage Virginie. »

    Il releva son visage pour admirer les lueurs nocturnes de Paris et se mit à siffler un air. Le rythme était trop rapide, trop emprunt de joie, pourtant c’était sans aucun doute…

    … un Requiem.




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